Comment désactiver l’IA imposée : le guide anti-AI des bibliothèques

Temps de lecture : 4 min

Points clés à retenir

  • Ateliers concrets : Des bibliothécaires montrent pas à pas comment désactiver les IA intégrées (Apple Intelligence, Gemini) sur les appareils du quotidien.
  • Engouement massif : Les sessions affichent complet en quelques heures, signe d’une lassitude face à l’IA forcée chez les utilisateurs.
  • Astuce pratique : Une simple commande « &udm=14 » dans Google Search permet de masquer les résultats générés par l’IA.

Le phénomène des ateliers « Éviter l’IA »

En ce mois de juillet 2026, une tendance émerge des bibliothèques publiques américaines : des ateliers pour apprendre à dire non à l’intelligence artificielle. Charlie Bailey, bibliothécaire à Philadelphie, accueille une vingtaine d’adultes dans une salle pour enfants, au pied d’un tapis aux lettres lumineuses. Pendant une heure, il montre comment débrancher Apple Intelligence, Gemini et autres assistants automatiques.

« J’ai eu l’idée en voyant la frustration des gens face à ces outils qu’on leur impose, sans qu’ils les aient demandés », m’a confié Bailey lors d’un échange. Son atelier commence par une présentation des bases des IA grand public, puis plonge dans les réglages précis de chaque plateforme, projetés sur écran.

Pourquoi ce besoin de contrôle ?

Le déclic est venu de Hannah Cyrus, bibliothécaire dans le Maine, qui a publié un article sur son propre atelier. Une vingtaine de collègues du monde entier l’ont contactée pour reproduire l’expérience. À Bangor, ses sessions « Intro à l’ordinateur » attirent une douzaine de personnes. Mais pour l’atelier anti-IA, elle a dû limiter les inscriptions à 30 participants, ouvrir une liste d’attente et diffuser en direct – soit près de 70 spectateurs à chaque session.

« De plus en plus, on me demandait : comment désactiver ce truc ? Pourquoi il veut rédiger mes e-mails à ma place ? », raconte Cyrus. Pour elle, cette résistance va au-delà d’une simple technophobie. Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’adoption forcée de l’IA sur les terminaux personnels est en train de briser la confiance des utilisateurs.

Un engouement généralisé

À Philadelphie, la publication Instagram de la bibliothèque annonçant l’atelier a recueilli plus de 2 000 « j’aime » et 220 partages – un record pour son compte, qui dépasse rarement quelques dizaines de réactions. Vu l’affluence, une seconde séance a dû être programmée. Dans les faits, ce succès révèle une communauté en quête d’autonomie.

« En tant que professionnel de l’information, je suis rassuré de voir les gens rester sceptiques face à l’IA. C’est bon de constater qu’ils partagent ce sentiment. »

Charlie Bailey, bibliothécaire

Les astuces pratiques partagées

Lors d’un atelier, un participant a partagé une astuce précieuse : pour supprimer les résultats IA de Google Search, il suffit d’ajouter « &udm=14 » à la fin de l’URL. Bailey a noté cette commande sur un tableau blanc, à côté des identifiants Wi-Fi réservés aux adolescents. En clair, des solutions simples mais méconnues.

« Aujourd’hui, on doit déjà s’acharner pour acheter une maison, et dans deux ans on risque d’avoir un data center à côté de chez soi », s’insurge Johnny, un participant. Une autre, Gabrielle, ajoute : « Au travail, je vois de l’IA partout, et à chaque fois, je pense à l’impact environnemental. Mais je ne rejette pas la technologie en bloc : les progrès médicaux restent formidables. »

Au-delà du rejet : une quête de liberté

Ces voix ne sont pas celles de technophobes. Cyrus elle-même utilise la reconnaissance optique de caractères pour numériser des documents anciens. Il ne s’agit pas d’un rejet total, mais d’une demande de contrôle, d’agence et de liberté. Pour elle, « l’adoption forcée de l’IA sur les appareils personnels pourrait bien être la goutte qui fait déborder le vase ».

Ce qui se joue dans ces ateliers dépasse la simple mécanique de désactivation. C’est un appel à reprendre la main sur notre relation aux outils numériques, un mouvement qui gagne du terrain à mesure que l’IA s’infiltre dans chaque recoin de notre quotidien.