Grammarly Expert Review : l’IA qui prête sa voix aux grands noms

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Ce qu’il faut retenir

  • Controverse : Grammarly attribue des conseils d’écriture à des auteurs et journalistes célèbres sans leur permission explicite.
  • Transparence : La fonctionnalité « Expert Review » s’appuie sur des œuvres publiées, mais ne signifie aucunement une affiliation ou un avis des experts cités.
  • Impact : Cette pratique questionne l’éthique de l’IA générative et la notion même de « revue d’expert » lorsqu’aucun humain n’intervient.

Quand l’IA de Grammarly s’inspire (trop) librement

Je scrute les tendances émergentes du numérique depuis une décennie, et le dernier mouvement de Grammarly ne passe pas inaperçu. Lancée en août 2025, la fonctionnalité « Expert Review » promet d’améliorer vos textes avec l’aide des plus grands écrivains et penseurs. Dans les faits, son IA générative produit des suggestions de révision « du point de vue » de personnalités, qu’elles soient vivantes ou décédées.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que la liste est éclectique. D’après les retours, l’outil peut citer aussi bien des auteurs classiques que des journalistes tech de médias comme The Verge, Wired ou The New York Times. En clair, l’algorithme puise dans leurs corpus publiés pour façonner des conseils stylistiques à leur image présumée.

Une « revue d’expert » sans expert ?

La question éthique saute aux yeux. Aucune des personnalités mentionnées ne semble avoir donné son accord à Grammarly pour l’utilisation de son nom. Un porte-parole de l’entreprise a expliqué à la presse que ces noms étaient cités car leurs « œuvres publiées sont publiquement disponibles et largement référencées ».

Dans son guide utilisateur, Grammarly précise que les références aux experts sont « à titre informatif uniquement » et n’indiquent « aucune affiliation avec Grammarly ou approbation de la part de ces individus ou entités ». Une mise en garde nécessaire, mais qui, selon moi, soulève un paradoxe fondamental.

En quoi s’agit-il d’une véritable « revue d’expert » si aucun expert n’est impliqué dans le processus ? Comme l’a relevé un historien interrogé par Wired, « Ce ne sont pas des revues d’experts, car il n’y a pas ‘d’experts’ impliqués dans leur production. » L’impact business d’une telle fonctionnalité, bien que marketing, repose sur une ambiguïté sémantique risquée.

Le décryptage d’une tendance à surveiller

Ce cas est symptomatique d’une tendance émergente plus large dans l’IA générative : l’emprunt, parfois cavalier, de l’autorité et du style d’autrui pour légitimer des outputs automatiques. Pour les rédacteurs et les entreprises, la leçon est claire. Il faut adopter une vigilance accrue face aux outils qui promettent l’expertise humaine par proxy algorithmique.

Dans les faits, l’innovation ne doit pas se faire au détriment de la transparence. L’impact business de Grammarly pourrait être terni si la perception d’un manque d’éthique persiste. Je vois ici un rappel crucial : la valeur d’un conseil ne réside pas seulement dans son contenu, mais aussi dans la clarté de son origine. Un décryptage sans jargon de ces pratiques est essentiel pour que l’écosystème digital évolue de manière responsable.