Minnesota : la loi contre les apps « nudify » maintenue par la justice

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Points clés à retenir

  • Loi maintenue : La justice américaine autorise l’entrée en vigueur au Minnesota de l’interdiction des applications de « nudification » d’images, malgré le recours de xAI.
  • Recadrage temporel : Le juge a jugé la demande de xAI tardive, déposée trois jours seulement avant l’entrée en vigueur de la loi.
  • Procédure en cours : Le fond du litige n’est pas tranché, la loi s’applique pendant que le tribunal examine la validité du texte.

Le feuilleton juridique prend un nouveau tournant. Alors que la loi du Minnesota sur les applications de « nudification » devait entrer en vigueur le 1er août, le juge fédéral Donovan Frank a refusé, le 30 juillet, la demande de blocage déposée par xAI. En clair, l’interdiction s’appliquera dès cette date, et ce jusqu’à ce que le tribunal se prononce sur le fond de l’affaire.

Ce que le juge a mis en avant, c’est avant tout le timing. Dans son ordonnance, il souligne que xAI a attendu le 29 juillet pour saisir la justice, alors que la loi avait été signée près de trois mois plus tôt. Une proximité avec la date d’application qui, selon lui, ne plaide pas en faveur d’une urgence. « Un tel retard dans l’action et la requête suggère que le préjudice n’est pas immédiat », écrit-il. Ce qu’il faut comprendre : la demande de xAI semblait davantage stratégique qu’absolument urgente.

Le fond du dossier n’est pas réglé. La loi du Minnesota, la première du genre aux États-Unis, interdit les applications permettant de « déshabiller » virtuellement des personnes sur des photos, souvent sans leur consentement. xAI argue que ce texte est « trop large » et qu’il existe « des alternatives moins restrictives pour atteindre les mêmes objectifs ». La société, qui appartient à Elon Musk, pointe aussi du doigt un risque de censure excessive pour les technologies d’IA générative légitimes.

Dans les faits, ce dossier s’inscrit dans un contexte bien précis. Plus tôt dans l’année, des utilisateurs du réseau X ont utilisé le chatbot Grok de xAI pour générer et diffuser massivement des images sexualisées sans consentement, provoquant des enquêtes et des interdictions. Ces incidents ont visiblement accéléré la prise de conscience législative.

Pour xAI, l’enjeu est double. D’une part, la loi pourrait entraver le développement de ses modèles d’IA, notamment en limitant les cas d’usage liés à la génération d’images. D’autre part, la société doit gérer une réputation écornée par les scandales liés à son chatbot. La suite du procès dira si l’interdiction est véritablement proportionnée ou si elle va trop loin dans la restriction des technologies émergentes. Mais pour l’heure, le Minnesota est libre de mettre en œuvre cette première mesure américaine.